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Expositions

NAIRY BAGHRAMIAN coude à coude

08.04 > 18.09.2021

OUVERTURE DECALEE

Depuis une vingtaine d’années, Nairy Baghramian crée des sculptures, des photographies et des dessins qui examinent les liens entre architecture, objets quotidiens et corps humain, remettant en cause les idées préconçues sur le fonctionnel, le décoratif, l’abstrait, le domestique et le féminin. Les sculptures de Nairy Baghramian affichent fièrement leurs protubérances, cavités, taches, éclaboussures, membres et prothèses, pour mettre à mal les notions traditionnelles de volume, masse, forme et théâtralité qui ont façonné l’histoire de la sculpture.

Ses œuvres, issues de matériaux aussi divers que l’acier, le verre, le silicone, la résine, le liège ou le cuivre, évoquent souvent des objets familiers épurés et reconfigurés sous des apparences nouvelles très précises. Leur réinvention éveille des résonances parcellaires dans toutes sortes de domaines, depuis l’anthropomorphisme jusqu’à l’industrie en passant par la mode, le théâtre ou l’architecture intérieure, dont l’histoire et les enjeux idéologiques intéressent particulièrement l’artiste.

Pour sa première exposition dans un musée français, intitulée Coude à Coude, Nairy Baghramian noue un dialogue entre l’architecture de Carré d’art et un ensemble d’œuvres spécialement choisies à cette fin. Sur un parcours de plusieurs salles, les murs, les encadrements de portes et les couloirs participent autant à la scénographie que les œuvres elles-mêmes. Alors que les sculptures se présentent généralement comme autant d’objets autonomes utilisant le lieu d’exposition comme un piédestal, Nairy Baghramian préfère insister sur les marges, les seuils et les passages, en accrochant ses œuvres aux éléments d’architecture du musée, pour mieux bousculer les conventions qui régissent la perception de l’espace et ses hiérarchies. Das hübsche Eck [Le Joli Angle] (2006), par exemple, tourne vers une cloison la face réfléchissante de sa structure en paravent, tandis qu’à l’arrière, un escalier énigmatique conduit au mur qui bouche la vue. De même, Grosse Klappe [Grande gueule] (2008) ne constitue ni une frontière, ni un seuil, mais occupe la ligne de séparation virtuelle entre deux espaces. French Curve [Curvigraphe] (2014), Off the Rack [De série] (2014) et Dwindler, Low Tide [Amenuiseur, marée basse] (2017) étirent leurs extrémités dans un mouvement fluide d’une salle à l’autre. L’œuvre la plus ancienne de l’exposition, Trennwände mit Ohrringen (Anna Martha Vartuhi) [Partitions aux boucles d’oreilles (Anna, Martha, Vartuhi)], de 2004, renverse les attentes avec ses armatures tendues de toile, où le métal devient l’accessoire.


Nairy Baghramian, née en 1971 à Ispahan, vit et travaille à Berlin où elle est arrivée en 1984. De nombreuses institutions lui ont consacré des expositions, notamment le Mudam à Luxembourg (2019), le Museo nacional centro de arte Reina Sofia à Madrid (2018), le SMK à Copenhague (2017), le Walker Art Center à Minneapolis (2016), le S.M.A.K. à Gand (2016), le Museo Tamayo à Mexico (2015), le Museo Serralves à Porto (2014) et l’Art Institute of Chicago (2014). Nairy Baghramian a participé aux Skulptur Projekte Münster (2007 et 2017), à la documenta 14 à Athènes et Kassel (2017), à la Biennale de Lyon (2017), à la Biennale de Berlin (2008 et 2014), et à la Biennale de Venise (2011 et 2019).

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